Questionnaire sur la préface
Questions
Répondez aux questions ci-dessous. Pour ce faire, utilisez votre livre. Vous pouvez y puiser autant de citations que vous voulez. L’objectif n’est pas d’analyser ou interpréter les propos de Guy de Maupassant, mais de trouver les informations demandées, de pouvoir discerner les idées importantes exprimées dans la préface de Pierre et Jean.
- Dans le premier paragraphe, comment Maupassant définit-il son roman Pierre et Jean ? (1 point)
- Dans le premier paragraphe toujours, Maupassant parle de « petit roman » puis dans la phrase qui suit ce paragraphe de « Roman » avec une majuscule. Quelle différence faites-vous entre ces deux emplois ? (2 points)
- « Manon Lescaut, Paul et Virginie, Don Quichotte, Les Liaisons dangereuses, Werther, Les Affinités électives, Clarisse Harlowe, Émile, Candide, Cinq-Mars, René, Les Trois Mousquetaires, Mauprat, Le Père Goriot, La Cousine Bette, Colomba, Le Rouge et le Noir, Mademoiselle de Maupin, Notre-Dame de Paris, Salammbô, Madame Bovary, Adolphe, M. de Camors, L’Assommoir, Sapho ». Trouvez les auteurs et les dates de parution de chaque œuvre. (2 points)
- Qu’est-ce qu’une critique (en général) ? Qu’est-ce qu’un critique (au sens littéraire ou artistique) ? (2 points)
- Quels reproches Maupassant fait-il au critique ? (2 points)
- Que devrait pouvoir faire un véritable critique digne de ce nom ? (1 point)
- Définissez avec précision le roman tel qu’on le conçoit traditionnellement à l’époque de Maupassant ? (2 points)
- Que prétend montrer l’école réaliste ou naturaliste ? (1 point)
- Que doit faire (ou ne pas faire) le romancier qui prétend nous donner « une image exacte de la vie » ? (2 points)
- L’art de l’écrivain réaliste peut-il être comparé à la photographie ? Pourquoi ? (2 points)
- Qu’est-ce qui, selon Louis Bouilhet, peut amener l’éclosion de l’œuvre courte, unique et parfaite ? (1 point)
- En quoi consiste le talent selon Gustave Flaubert ? (1 point)
- En quoi consiste, selon Maupassant, le style ? (2 points)
Correction
- Pour Maupassant, c’est une « étude psychologique ».
- L’auteur désigne son roman qu’il qualifie de « petit » et n’emploie donc pas de majuscule. En revanche, quand il parle du genre littéraire, il met une majuscule au mot « roman ». Maupassant fait donc preuve d’humilité lorsqu’il évoque son roman, mais souligne la grandeur du genre romanesque en général.
- Manon Lescaut (Abbé Prévost, 1731), Paul et Virginie (Jacques-Henri Bernardin de Saint-Pierre, 1788), Don Quichotte (Miguel de Cervantes, 1605 & 1615), Les Liaisons dangereuses (Pierre Choderlos de Laclos, 1782), Werther (Johann Wolfgang Von Goethe, 1774), Les Affinités électives (Johann Wolfgang Von Goethe, 1809), Clarisse Harlowe (Samuel Richardson, 1748), Émile ou De l’éducation (Jean-Jacques Rousseau, 1762), Candide (Voltaire, 1759), Cinq-Mars ou Une conjuration sous Louis XIII (Alfred de Vigny, 1826), René (François-René de Chateaubriand, 1802), Les Trois mousquetaires (Alexandre Dumas, 1844), Mauprat (George Sand, 1837), Le Père Goriot (Honoré de Balzac, 1835), La Cousine Bette (Honoré de Balzac, 1846-1847), Colomba (Prosper Mérimée, 1840), Le Rouge et le Noir (Stendhal, 1830), Mademoiselle de Maupin (Théophile Gautier, 1835), Notre-Dame de Paris (Victor Hugo, 1831), Salammbô (Gustave Flaubert, 1862), Adolphe (Benjamin Constant, 1816), M. de Camors (Octave Feuillet, 1867), L’Assomoir (Émile Zola, 1877), Sapho (Alphonse Daudet, 1884).
- Une critique est généralement un jugement plutôt défavorable voire négatif. Un critique est une personne qui juge les œuvres littéraires ou artistiques.
- Il leur reproche de rejeter les romans et « les œuvres conçues en dehors de leur esthétique » et donc de déterminer ce qui est un roman et ce qui ne l’est pas. En somme, le critique juge une œuvre en fonction de ses propres goûts et de ses préférences.
- Le véritable critique devrait pouvoir « découvrir et vanter les livres mêmes qu’il n’aime pas comme homme et qu’il doit comprendre comme juge ».
- On entend généralement par roman « une aventure plus ou moins vraisemblable, arrangée à la façon d’une pièce de théâtre en trois actes dont le premier contient l’exposition, le second l’action et le troisième le dénouement ». Et voir plus loin également, « Le romancier qui transforme la vérité constante, brutale et déplaisante, pour en tirer une aventure exceptionnelle et séduisante, doit, sans souci exagéré de la vraisemblance manipuler les événements à son gré, les préparer et les arranger pour plaire au lecteur, l’émouvoir ou l’attendrir. Le plan de son roman n’est qu’une série de combinaisons ingénieuses conduisant avec adresse au dénouement. Les incidents sont disposés et gradués vers le point culminant et l’effet de la fin, qui est un événement capital et décisif, satisfaisant toutes les curiosités éveillées au début, mettant une barrière à l’intérêt, et terminant si complètement l’histoire racontée qu’on ne désire plus savoir ce que deviendront, le lendemain, les personnages les plus attachants. » Tout cela correspond à « la ficelle unique qui fait nom : l’Intrigue ».
- Elle prétend « nous montrer la vérité, rien que la vérité et toute la vérité ».
- Il « doit éviter avec soin tout enchaînement d’événements qui paraîtrait exceptionnel. Son but n’est point de nous raconter une histoire, de nous amuser ou de nous attendrir, mais de nous forcer à penser, à comprendre le sens profond et caché des événements. ». Le romancier doit reproduire « le spectacle de la vie » « avec une scrupuleuse ressemblance ». « Il montrera de cette façon, tantôt comment les esprits se modifient sous l’influence des circonstances environnantes, tantôt comment se développent les sentiments et les passions, comment on s’aime, comment on se hait, comment on se combat dans tous les milieux sociaux, comment luttent les intérêts bourgeois, les intérêts d’argent, les intérêts de famille, les intérêts politiques. »
- L’écrivain réaliste ne cherche pas à « montrer la photographie banale de la vie » mais à « en donner la vision la plus complète, plus saisissante, plus probante que la réalité même ». L’écrivain réaliste ne pourrait photographier toute la vie qui serait alors pleine d’événements insignifiants.
- « Le travail continuel et la connaissance profonde du métier peuvent, un jour de lucidité, de puissance et d’entraînement, par la rencontre heureuse d’un sujet concordant bien avec toutes les tendances de notre esprit, amener cette éclosion ».
- « Le talent - suivant le mot de Buffon - n’est qu’une longue patience. Travaillez ».
- « Quelle que soit la chose qu’on veut dire, il n’y a qu’un mot pour l’exprimer, qu’un verbe pour l’animer et qu’un adjectif pour la qualifier. Il faut donc chercher, jusqu’à ce qu’on les ait découverts, ce mot, ce verbe et cet adjectif, et ne jamais se contenter de l’à-peu-près […] » ; « Ayons moins de noms, de verbes et d’adjectifs aux sens presque insaisissables, mais plus de phrases différentes, diversement construites, ingénieusement coupées, pleines de sonorités et de rythmes savants. Efforçons-nous d’être des stylistes excellents plutôt que des collectionneurs de termes rares. »