RALENTIR TRAVAUX par Yann Houry & cie

L’art de raconter

Lettres Quatrième L’art de raconter

Près de 40 règles à connaître.

Lire les consignes

  • Bien lire les consignes pour ne pas être hors sujet et être sûr de faire ce qui est attendu.
  • Faire un peu comme avec une recette de cuisine : lister tous les ingrédients et s’assurer qu’il ne manque rien.
  • À la fin, relire les consignes pour vérifier que rien n’a été oublié.

Rédiger

  • Organiser ses idées et faire un plan — ou créer une carte mentale pour un texte complexe.
  • Faire des paragraphes et insérer des alinéas.
  • Écrire proprement, lisiblement et sans ratures.
  • Dans un travail collectif, se répartir les rôles afin que chacun ait une tâche.

Corriger

  • Se relire attentivement.
  • Corriger l’orthographe et vérifier les mots dans le dictionnaire.
  • Faire attention aux accords en genre et en nombre : « les lumières bleues sont éteintes ».
  • Bien accorder le verbe avec son sujet et vérifier la conjugaison dans le Bescherelle.
  • Soigner la ponctuation : lire le texte et placer un signe là où la voix s’arrête ou marque une pause. Toute phrase complète doit se terminer par un point.

Éviter les répétitions

Voici un même texte, d’abord avec des répétitions, puis sans répétition.

Avec répétitions

Thomas était en classe et Thomas s’ennuyait pendant que son professeur de français disputait Jean. Jean, comme d’habitude, faisait n’importe quoi. Et pendant ce temps, Thomas regardait sa trousse sans penser à rien. Tout à coup, Thomas fut avalé par la trousse. La trousse était magique.

Sans répétition

Thomas était en classe et s’ennuyait pendant que son professeur de français disputait Jean qui, comme d’habitude, faisait n’importe quoi. Et pendant ce temps, Thomas regardait sa trousse sans penser à rien. Tout à coup, celui-ci fut avalé par la trousse. Elle était magique.

Pour éviter les répétitions, on peut utiliser :

  • un pronom personnel : « il » ;
  • un pronom relatif : « qui » ;
  • un pronom démonstratif : « celui-ci » ;
  • une expression équivalente : « son camarade », « ce dernier », « le jeune garçon », « le casse-pieds », « le pénible »… ;
  • rien, quand le deuxième verbe est très proche de son sujet.

Construire un dialogue

Les dialogues sont des moments importants de l’histoire, mais ils ne doivent pas être trop longs et doivent respecter quelques règles.

  • Varier les verbes de parole : « dire », « crier », « chuchoter », « demander », « déclarer », « s’exclamer »…
  • Décrire un peu les personnages, leurs sentiments et leurs réactions aux événements.
  • Faire attention aux temps : le récit se raconte à l’imparfait et au passé simple ; le dialogue emploie surtout le présent ou le passé composé.

Décrire

Il ne faut pas confondre narration et description.

La narration consiste à raconter, c’est-à-dire à énumérer une suite d’actions. La description est, en quelque sorte, une pause dans la narration. Quand on décrit, on ne raconte pas.

Décrire permet au lecteur de se représenter les choses, de les voir comme s’il les avait sous les yeux. La description ne sert pas seulement à représenter les lieux : elle peut intriguer le lecteur, lui faire partager les sentiments des personnages et l’impatienter lorsqu’il se demande ce qui se cache dans un lieu.

Dans une description, on trouve essentiellement :

  • des imparfaits ;
  • de nombreux adjectifs qualificatifs qui apportent des informations sur les lieux et les personnages ;
  • des compléments circonstanciels de lieu qui indiquent où l’on se trouve.

Raconter

Gardez à l’esprit quelques règles importantes, inspirées des 22 règles de narration de Pixar. Toute histoire obéit à une structure, un peu comme dans le conte.

  1. un début
  2. un problème
  3. des péripéties
  4. une solution
  5. une fin

Il était une fois un/une… Chaque jour… Un jour… À cause de cela… Et à cause de ceci… Jusqu’à ce que finalement…

Mais souvenez-vous aussi des règles suivantes :

  • On admire davantage un personnage pour ce qu’il essaie de faire que pour ce qu’il arrive réellement à faire.
  • Mettez votre personnage à l’épreuve. Mettez-le au défi.
  • Le personnage ne doit être ni bon ni mauvais. Le lecteur doit pouvoir s’identifier à lui et reconnaître ses qualités comme ses défauts.
  • Que pense votre personnage ? Qu’a-t-il en tête ? Quels sont ses sentiments ?
  • Ne négligez pas les personnages secondaires. Tout héros a son double : Phileas Fogg et Passepartout, Don Quichotte et Sancho Pança…
  • Développez le récit en multipliant les personnages et les péripéties.
  • Commencer est facile, mais il faut savoir où l’on va, ce que l’on veut raconter et démontrer.

Créer du suspense

Créez du suspense en utilisant ces quatre moyens.

Début in medias res
L’histoire débute au plus fort de l’action. Elle peut commencer en montrant le personnage en difficulté, pris au piège par exemple. Le lecteur ne sait ni pourquoi ni comment : on le lui explique ensuite dans un retour en arrière.
Anticipation
Annoncez à l’avance ce qui va se passer sans encore donner de détails. Conan Doyle écrit ainsi dans Le Monde perdu : « Qui aurait pu deviner que nous étions au bord de notre désastre ? Laissez-moi vous dire en peu de mots comment la catastrophe survint. »
Question rhétorique
Posez des questions et interpellez le lecteur afin qu’il s’implique, qu’il se sente faire partie de l’histoire : « Qu’auriez-vous fait à ma place ? »
Questions
Ne répondez aux questions du lecteur que le plus tard possible et très progressivement : qui est ce personnage ? Que lui est-il arrivé ? Pourquoi ? Comment ?

S’inspirer des grands auteurs

Les grands écrivains s’inspirent de ceux qui les ont précédés. Pour vous en convaincre, lisez ces trois citations qui utilisent toutes la même métaphore.

« La foudre qui fût tombée à mes pieds ne m’eût pas causé plus d’effroi que cette lettre. »

Atala, François-René de Chateaubriand

« La foudre, tombée aux pieds de Dantès et lui creusant un abîme au fond duquel s’ouvrait l’enfer, lui eût produit un effet moins prompt, moins électrique, moins écrasant, que ces paroles inattendues. »

Le Comte de Monte-Cristo, Alexandre Dumas

« La foudre serait tombée dans la pièce en fendant le plafond que le Père Plantain n’aurait pas été plus abasourdi. »

L’Abyssin, Jean-Christophe Rufin

Lisez les grands écrivains et puisez sans vergogne dans leurs mots.

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