RALENTIR TRAVAUX par Yann Houry & cie

Les discours rapportés

Lettres Lycée Séquences (première) Le Rouge et le Noir Les discours rapportés

Pour chaque extrait, identifiez les paroles rapportées.

On dit « paroles » ou « discours » parfois « style ». Dans tous les cas, il s’agit d’indiquer qu’un personnage parle voire de retranscrire ses propos.

Il existe quatre façons de rapporter les paroles d’un personnage :

  1. Au style direct.
  2. Au style indirect.
  3. Au style indirect libre.
  4. Au discours narrativisé.

Lesquels saurez-vous retrouver ?

Extrait 1

Et, brusquement, il conclut, sans hausser le ton.

— C’est dans ces circonstances, camarades, que vous devez prendre une décision ce soir. Voulez-vous la continuation de la grève ? et, en ce cas, que comptez-vous faire pour triompher de la Compagnie ?

Un silence profond tomba du ciel étoilé. La foule, qu’on ne voyait pas, se taisait dans la nuit, sous cette parole qui lui étouffait le cœur ; et l’on n’entendait que son souffle désespéré, au travers des arbres.

Mais Étienne, déjà, continuait d’une voix changée. Ce n’était plus le secrétaire de l’association qui parlait, c’était le chef de bande, l’apôtre apportant la vérité. Est-ce qu’il se trouverait des lâches pour manquer à leur parole ? Quoi ! depuis un mois, on aurait souffert inutilement, on retournerait aux fosses, la tête basse, et l’éternelle misère recommencerait ! Ne valait-il pas mieux mourir tout de suite, en essayant de détruire cette tyrannie du capital qui affamait le travailleur ?

Germinal, partie 4, chapitre 7, Émile Zola

Extrait 2

Les deux femmes effarées contemplaient les traces de pas, bavardaient, supposaient des choses : « Tenez, ils ont passé par là. Ils ont mis leurs pieds sur le mur ; ils ont sauté dans la plate-bande. »

Et elles s’épouvantaient pour l’avenir. Comment dormir tranquilles maintenant !

Le bruit du vol se répandit. Les voisins arrivèrent, constatèrent, discutèrent à leur tour ; et les deux femmes expliquaient à chaque nouveau venu leurs observations et leurs idées.

Un fermier d’à côté leur offrit ce conseil : « Vous devriez avoir un chien. »

C’était vrai, cela ; elles devraient avoir un chien, quand ce ne serait que pour donner l’éveil. Pas un gros chien, Seigneur ! Que feraient-elles d’un gros chien ! Ils les ruinerait en nourriture.

[...] L’épicier de Rolleville en avait bien un, tout petit ; mais il exigeait qu’on le lui payât deux francs, pour couvrir ses frais d’élevage. Mme Lefèvre déclara qu’elle voulait bien nourrir un « quin », mais qu’elle n’en achèterait pas.

« Pierrot » in Les Contes de la Bécasse, Guy de Maupassant

Extrait 3

Lorsque Julien put sortir de la bibliothèque, il était tellement étonné, qu’il en sentait moins son malheur. Eh bien ! elle ne m’aime plus, se répétait-il en se parlant tout haut, comme pour s’apprendre sa position. Il paraît qu’elle m’a aimé huit ou dix jours, et moi je l’aimerai toute la vie.

Est-il bien possible, elle n’était rien ! rien pour mon cœur, il y a si peu de jours !

Les jouissances d’orgueil inondaient le cœur de Mathilde ; elle avait donc pu rompre à tout jamais ! Triompher si complètement d’un penchant si puissant la rendrait parfaitement heureuse. Ainsi ce petit monsieur comprendra, et une fois pour toutes, qu’il n’a et n’aura jamais aucun empire sur moi. Elle était si heureuse, que réellement elle n’avait plus d’amour en ce moment.

Le Rouge et le Noir, Livre second, chapitre 20, Stendhal

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